Les priorités défendues par le collectif L’Isba sont de préserver l’exigence du texte, la découverte d’auteurs, tout en intensifiant la proposition culturelle dans un contexte d’échange dans le quartier, et en dehors du quartier. Nos actions sont toujours en lien avec la création de spectacles proposés par le collectif, elles se répondent, se nourrissent l’une de l’autre et nous permettent de développer une démarche artistique sensible et cohérente. Nos spectacles s’enrichissent de notre envie de donner le goût des écritures nouvelles, et notre compagne favorite est la lecture à voix haute, cette parole en mouvement que nous ne cessons d’explorer.

Depuis 2013 grâce à la Ville d’Arles, au service Culturel, à la Sempa, au CD13, et à l’ACCM, le collectif L’Isba est en résidence dans le quartier de Griffeuille à l’Espace Ariane. Chaque année notre démarche est de nous implanter au cœur de notre cité et de développer une ligne artistique cohérente. Chaque année nous nous interrogeons sur “Comment être présent dans le quartier artistiquement ? Comment vivre cette intrusion dans un quartier dit “sensible”.

Qu’il s’agisse d’ateliers de pratique dont découle la production de spectacles, nous construisons  au quotidien une relation de proximité avec ce territoire. Cette démarche se nourrit de la présence des artistes.  Ils proposent un point de vue,  provoquent des questionnements. Certaines propositions artistiques, vont à la rencontre des habitants dans leur espace quotidien.

Selon les activités, la participation est diverse : participation à des ateliers, à des exercices de pratique artistique, à des présentations de lectures pour les adultes et les enfants.

Le collectif développe un travail en partenariat avec des associations, écoles et acteurs sociaux présents sur ce territoire pour faire rencontrer notre démarche artistique aux habitants du quartier.

Cette année encore nous participons à la vie de Griffeuille en organisant à l’espace Ariane toute une série de rendez-vous, les ateliers théâtre pour enfants, notre rendez-vous bi-mensuel avec les Oraliteurs, des collaborations avec les associations du quartier comme Solid’Arles, Petit à Petit, la Maison de quartier, des stages théâtres pour adultes et pour les enfants.

Nous irons également travailler au sein des écoles en renouvelant notre action Éclats de Lire, à la Médiathèque d’Arles et à la Fondation Van Gogh pour vacances d’artistes et l’art en famille.

Nous continuons notre chemin de créations avec les spectacles et les lectures du Collectif, mais aussi de nouvelles productions avec “Le Coeur au bord des lèvres” qui raconte l’histoire de la famille de Fethiye Çetin confrontée à son passé tenu secret : une grand-mère arménienne survivante du génocide, et vivant en Turquie. Un destin éclairé par la pensée du journaliste arménien, citoyen turc Hrant Dink, assassiné en 2007. 

Les yeux fermés” avec Claude Guerre, est une expérience artistique pour partager des histoires et des sensations auditives. Créer par l’écoute l’attention libre qui donne accès à l’imaginaire.

Et nous entamerons le deuxième temps de “Mur-Mures du quartier” en poursuivant l’enquête ethno-artistique auprès de personnes du quartier de Griffeuille. Après un travail de réécriture, c’est entre mai et juin 2018 que nous proposerons une mise en espace de ces paroles, sous forme de déambulation dans des lieux choisis du quartier. Un quartier traversé par des frontières invisibles et que nous écoutons bruisser et murmurer, râler… et sourire souvent